
Contrairement à la croyance populaire, nettoyer la tache de moisissure ne résout rien : ce n’est qu’un symptôme d’une maladie plus profonde de votre maison.
- La moisissure visible est la pointe de l’iceberg; la véritable menace est la source d’humidité chronique qui la nourrit et contamine l’air que vous respirez.
- Utiliser de l’eau de Javel sur des murs en gypse est une erreur critique : cela ne tue pas les racines et peut aggraver la situation en ajoutant de l’humidité.
Recommandation : Avant toute action, effectuez un diagnostic bâtimentaire. Identifiez si la moisissure est active et trouvez la cause de l’infiltration. C’est la seule façon d’éradiquer la menace de façon permanente.
La découverte est souvent brutale. En déplaçant une armoire ou un cadre, vous la voyez : une tache sombre, ramifiée, qui s’étale sur le mur. La première pensée est le dégoût, immédiatement suivie par une question angoissante : est-ce que c’est dangereux pour mes enfants ? Cette tache noire, est-elle toxique ? Dans un foyer québécois, où les variations d’humidité et les défis structurels comme les barrages de glace sont courants, cette question est loin d’être anodine. L’instinct initial est souvent de se ruer sur un nettoyant et de frotter agressivement, espérant faire disparaître le problème aussi vite qu’il est apparu.
Pourtant, cette approche, bien que compréhensible, est une erreur stratégique. Les experts sont formels : la moisissure n’est pas un problème de propreté, mais un symptôme. C’est le signal d’alarme que votre maison souffre d’une pathologie cachée, le plus souvent une infiltration d’eau chronique. La traiter comme une simple saleté, c’est comme prendre un analgésique pour une fracture ouverte. Vous masquez la douleur, mais l’os reste brisé et le risque d’infection demeure. La véritable menace n’est pas seulement la tache elle-même, mais l’écosystème fongique qu’elle représente et, surtout, la source d’humidité qui lui permet de proliférer et de libérer des spores potentiellement nocives dans l’air de votre maison.
Cet article n’est pas un simple guide de nettoyage. C’est un protocole d’urgence pour les parents inquiets. Nous allons adopter une approche de diagnostic bâtimentaire pour vous apprendre à lire les signes, à comprendre la nature de la menace et à agir de manière chirurgicale. L’objectif n’est pas de masquer le symptôme, mais bien d’éradiquer la maladie à sa source pour garantir un environnement sain et sécuritaire pour votre famille. Nous analyserons la différence entre une moisissure active et dormante, évaluerons les bons outils pour une intervention limitée, et identifierons les causes profondes qui font que le problème revient sans cesse.
Pour vous guider dans cette démarche essentielle, cet article est structuré pour répondre de manière progressive et logique à vos interrogations. Explorez les différentes sections pour comprendre la menace dans son intégralité, des signes visuels aux causes structurelles, afin de prendre les décisions les plus éclairées pour la santé de votre maison et de votre famille.
Sommaire : Identifier et éradiquer la menace fongique dans votre maison
- Moisissure sèche vs active : comment faire la différence visuellement ?
- Eau de Javel ou peroxyde : avec quoi nettoyer une surface de moins de 1 m² ?
- Pourquoi la moisissure revient-elle toujours si vous ne trouvez pas la fuite ?
- L’erreur de cacher la moisissure avec de la peinture (le monstre qui grandit dessous)
- Quels symptômes de santé indiquent qu’il faut quitter la maison immédiatement ?
- Quand une tache d’humidité au plafond vient d’une fuite d’air et non du toit
- Pourquoi une mauvaise isolation fait-elle pourrir la charpente de bois prématurément ?
- Pourquoi vos fenêtres pleurent-elles en hiver et comment arrêter ça ?
Moisissure sèche vs active : comment faire la différence visuellement ?
Avant toute action, le premier geste de diagnostic est d’évaluer l’état de l’ennemi. La moisissure est-elle en phase de croissance active, libérant activement des spores, ou est-elle sèche et dormante ? La distinction est cruciale car elle influence le niveau de risque immédiat et la méthode d’intervention. Une moisissure active est un signe clair d’un problème d’humidité actuel et persistant. Il n’est pas surprenant que les experts en détection thermique aient relevé plus de 270 espèces de moisissures dans les habitations canadiennes, chacune avec son propre cycle de vie.
Pour un œil non averti, une tache est une tache. Cependant, des indices simples permettent de faire la différence. Fiez-vous à vos sens. Une odeur de terre humide, de moisi ou de renfermé est la signature d’une moisissure active. Visuellement, la texture est un indicateur clé. Une moisissure active a souvent un aspect gonflé, velouté ou même cotonneux, et peut paraître humide au toucher. À l’inverse, une moisissure sèche ou dormante aura un aspect poudreux ou crayeux. Elle peut s’effriter facilement si on la gratte, libérant un nuage de particules fines (qui sont toujours des allergènes potentiels).
Le contexte saisonnier au Québec est également un facteur important. Les moisissures deviennent souvent plus actives durant le dégel printanier, lorsque les fondations en béton sont exposées à une humidité accrue, et pendant les étés chauds et humides. En hiver, la condensation peut créer des zones actives près des fenêtres, mais dans un entretoit froid, on peut trouver de la moisissure sèche en attente de conditions plus favorables.

Cette comparaison visuelle illustre la différence fondamentale. La texture gonflée et sombre de la moisissure active trahit la présence d’eau, son carburant. La version sèche, plus claire et poudreuse, montre un état de dormance, mais ne vous y trompez pas : les spores sont toujours présentes et n’attendent qu’un retour de l’humidité pour se réactiver. Un humidimètre électronique peut être un outil précieux pour confirmer la présence d’humidité cachée derrière les murs, même si la moisissure en surface semble sèche.
Eau de Javel ou peroxyde : avec quoi nettoyer une surface de moins de 1 m² ?
Face à une petite zone de moisissure de moins d’un mètre carré, l’envie de l’éradiquer soi-même est forte. C’est ici que survient l’erreur la plus commune : se tourner vers l’eau de Javel. Ce produit, perçu comme le désinfectant ultime, est en réalité un très mauvais choix pour les surfaces poreuses comme le gypse (placoplâtre), le bois ou les panneaux de particules, qui constituent la majorité de nos murs intérieurs. L’eau de Javel a une structure chimique qui l’empêche de pénétrer en profondeur dans ces matériaux. Elle ne tue que la moisissure en surface, laissant les « racines » (le mycélium) intactes à l’intérieur du matériau. Pire encore, l’eau de Javel est composée à plus de 90% d’eau. En l’appliquant, vous éliminez la couleur de la moisissure mais vous nourrissez en réalité les racines restantes, préparant le terrain pour une repousse encore plus vigoureuse.
Alors, que faire ? Le choix du produit dépend entièrement de la nature de la surface. Pour les surfaces dures et non-poreuses comme le carrelage, le verre ou un comptoir en mélamine, une solution d’eau de Javel peut être efficace. Un protocole souvent cité pour ces cas spécifiques consiste à mélanger une mesure de détergent, 10 mesures d’eau de javel et 20 mesures d’eau, et à laisser sécher sans rincer. Mais pour les murs, c’est une autre histoire.
Pour les surfaces poreuses, des produits comme le peroxyde d’hydrogène ou des fongicides spécialisés comme le Concrobium (largement disponible au Québec) sont infiniment plus adaptés. Le peroxyde d’hydrogène a la capacité de pénétrer dans le matériau et d’attaquer la moisissure à la racine par oxydation. Le tableau suivant, basé sur les recommandations d’experts montréalais, résume l’efficacité des différents produits.
| Produit | Surfaces non-poreuses | Surfaces poreuses (gypse, bois) | Disponibilité au Québec |
|---|---|---|---|
| Eau de Javel | Très efficace | Inefficace – tue seulement en surface | Toutes quincailleries |
| Peroxyde d’hydrogène | Efficace | Plus efficace que l’eau de javel | Pharmacies et quincailleries |
| Concrobium | Efficace | Efficace – pénètre en profondeur | Rona, Canac, Home Depot |
Ce comparatif met en évidence une vérité sanitaire essentielle : le bon outil pour le bon travail. L’utilisation de l’eau de Javel sur un mur en gypse est une solution de camouflage, pas de décontamination. Elle donne l’illusion de propreté tout en laissant la menace intacte. N’oubliez jamais de porter des équipements de protection (gants, masque N95, lunettes) même pour une petite intervention.
Pourquoi la moisissure revient-elle toujours si vous ne trouvez pas la fuite ?
Vous avez nettoyé la tache avec le bon produit, la surface est impeccable. Quelques mois plus tard, elle est de retour. Cette situation frustrante est la preuve la plus flagrante de la règle d’or en matière de moisissure : tant que la source d’humidité n’est pas éliminée, la moisissure reviendra toujours. L’écosystème fongique a besoin d’une seule chose pour prospérer : de l’eau. Le nettoyage de surface ne fait que tailler les mauvaises herbes; il n’arrache pas la racine ni n’assèche le sol qui la nourrit. La véritable cause est une infiltration d’eau chronique, un problème qui a pris une ampleur alarmante au Québec. Selon le Bureau d’assurance du Canada, les indemnisations pour dommages liés aux infiltrations d’eau ont explosé, passant de 150 à plus de 500 millions de dollars en 2006, et ce type de sinistre est aujourd’hui le plus fréquent dans nos habitations.
Ces sources d’humidité peuvent être évidentes, comme une fuite de plomberie sous un évier, mais elles sont souvent plus insidieuses. Au Québec, l’une des causes les plus courantes et les plus destructrices est le barrage de glace sur la toiture. En hiver, la chaleur s’échappant de la maison fait fondre la neige sur le toit. L’eau s’écoule jusqu’à l’avant-toit, plus froid, où elle gèle à nouveau, formant une digue de glace. L’eau de fonte qui continue de s’écouler est alors bloquée et remonte sous les bardeaux, s’infiltrant dans l’entretoit et les murs extérieurs. C’est un scénario de contamination lente, silencieuse et dévastatrice.

Cette image illustre parfaitement le mécanisme pervers du barrage de glace. L’eau défie la gravité et les principes de l’étanchéité du toit pour s’infiltrer directement dans la structure de votre maison. D’autres sources chroniques incluent des fissures dans les fondations, un mauvais calfeutrage autour des fenêtres, une pente de terrain inadéquate qui dirige l’eau de pluie vers la maison, ou encore une ventilation de salle de bain qui évacue l’air humide directement dans l’entretoit au lieu de l’expulser à l’extérieur. Identifier et corriger cette source d’infiltration n’est pas une option, c’est la seule et unique solution durable.
L’erreur de cacher la moisissure avec de la peinture (le monstre qui grandit dessous)
Face à une tache de moisissure récalcitrante, une solution de désespoir peut sembler tentante : la recouvrir d’une couche de peinture fraîche, parfois même une peinture dite « anti-moisissure ». C’est sans doute l’erreur la plus grave que vous puissiez commettre. Peindre sur de la moisissure, c’est mettre un pansement sur une plaie infectée. Non seulement vous ne réglez pas le problème de fond (la source d’humidité), mais vous créez une bombe à retardement. La moisissure, privée de lumière mais toujours alimentée en humidité par l’infiltration non réparée, va continuer de proliférer à l’aveugle derrière la couche de peinture. Elle dévorera le gypse, attaquera la structure de bois et contaminera une zone de plus en plus large, le tout en étant parfaitement invisible.
Lorsque le problème deviendra finalement apparent, soit par l’écaillement de la peinture, soit par une odeur persistante ou des problèmes de santé, les dégâts seront infiniment plus importants et les coûts de décontamination beaucoup plus élevés. De plus, cette action peut avoir des conséquences juridiques et financières désastreuses, notamment lors de la vente d’une propriété au Québec. Le fait de cacher sciemment un problème de moisissure est considéré comme un vice caché.
Des recours peuvent être pris par l’acheteur car cela constitue un vice caché au sens de la Loi si le problème n’est pas déclaré.
– Le Décontaminateur, Guide sur la vente immobilière et la moisissure
Les implications de cette dissimulation sont sérieuses. Tenter de vendre une maison en sachant qu’un problème de moisissure a été camouflé vous expose à des poursuites coûteuses. L’acheteur pourrait exiger une compensation financière pour les travaux de décontamination, voire demander l’annulation de la vente.
Étude de cas : Les conséquences juridiques du vice caché
Selon les experts en décontamination, omettre de déclarer la présence de moisissure ou le fait de l’avoir cachée lors d’une vente immobilière peut entraîner des coûts bien supérieurs à une décontamination préventive. Même si le vendeur n’était pas pleinement conscient de l’ampleur du problème, le nouveau propriétaire peut avoir des recours légaux. En cas de refus de dédommagement à l’amiable, l’acheteur peut intenter une action en justice. Dans des cas extrêmes, un juge pourrait ordonner la résiliation du contrat de vente, forçant le vendeur à rembourser l’intégralité du prix payé et à reprendre possession d’une maison lourdement contaminée.
La leçon est claire : la transparence et l’action corrective sont toujours moins coûteuses que la dissimulation. Traiter le problème de front protège non seulement la santé de votre famille, mais aussi votre investissement financier et votre intégrité légale.
Quels symptômes de santé indiquent qu’il faut quitter la maison immédiatement ?
La question la plus urgente pour un parent est l’impact de la moisissure sur la santé de sa famille. Toutes les moisissures ne sont pas « toxiques » au sens strict, mais toutes peuvent libérer des spores, des fragments et des composés organiques volatils (COV) qui agissent comme des allergènes et des irritants. La sensibilité varie énormément d’une personne à l’autre. Cependant, certains symptômes sont des signaux d’alarme majeurs qui indiquent que la qualité de l’air intérieur est sérieusement compromise. Les symptômes les plus courants ressemblent à des allergies : éternuements, écoulement nasal, yeux rouges, éruptions cutanées. Mais si ces symptômes s’intensifient ou si des signes plus graves apparaissent, l’urgence augmente.
Des symptômes comme une toux persistante, un essoufflement, une respiration sifflante, des maux de tête chroniques, une fatigue inexpliquée ou des difficultés de concentration doivent être pris très au sérieux. Pour les personnes vulnérables, l’exposition peut être particulièrement dangereuse. Selon CAA-Québec, les groupes à plus haut risque incluent les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes asthmatiques ou allergiques, et celles dont le système immunitaire est affaibli (par une chimiothérapie, par exemple). Pour ces individus, une exposition prolongée peut mener à des infections pulmonaires graves.
Une méthode simple pour évaluer le lien entre vos symptômes et votre maison est le « test d’éloignement », comme le suggère un témoignage rapporté par des experts. C’est une démarche de diagnostic personnel simple mais efficace.
Pour savoir si vous pouvez établir un lien entre l’air de votre maison et vos ennuis de santé, passez quelques jours ailleurs. Si les symptômes s’estompent puis réapparaissent à votre retour, commandez alors une expertise!
Si des symptômes graves apparaissent soudainement, notamment des difficultés respiratoires, ou si un membre de votre famille est particulièrement vulnérable, il peut être nécessaire de quitter les lieux temporairement. Dans une telle situation, il est crucial de suivre un protocole clair.
Votre plan d’action sanitaire au Québec en cas d’exposition à risque
- Contacter Info-Santé : Appelez immédiatement le 811 pour une évaluation médicale professionnelle de vos symptômes.
- Documenter : Prenez des notes détaillées sur les symptômes, les dates d’apparition et prenez des photos de la moisissure visible.
- Aviser le propriétaire (si locataire) : Informez votre propriétaire de la situation par écrit, idéalement par courrier recommandé, pour avoir une preuve formelle.
- Contacter votre municipalité : Si le propriétaire n’agit pas, le service d’inspection de votre municipalité peut intervenir.
- Saisir le Tribunal administratif du logement (TAL) : En dernier recours pour les locataires, le TAL peut ordonner des travaux ou autoriser une rupture de bail.
Écouter son corps est la première ligne de défense. Si votre maison vous rend malade, c’est le signe ultime qu’un diagnostic et une intervention professionnels ne sont plus une option, mais une nécessité absolue.
Quand une tache d’humidité au plafond vient d’une fuite d’air et non du toit
Une tache d’humidité jaunâtre qui apparaît au plafond, surtout en hiver, fait immédiatement penser à une fuite de toiture. Pourtant, la cause est souvent beaucoup plus subtile et liée à un problème que peu de gens soupçonnent : une fuite d’air massive. L’air chaud et humide de votre maison, produit par la cuisine, les douches et même la respiration, est plus léger que l’air froid. Il monte et cherche à s’échapper par le haut. Si votre plafond n’est pas parfaitement scellé (ce qu’on appelle le pare-air), cet air chaud et chargé d’humidité va s’infiltrer dans l’entretoit froid. Au contact des surfaces glacées de la structure du toit, l’humidité contenue dans cet air va condenser, se transformer en givre ou en gouttelettes d’eau, puis retomber sur l’isolant et le gypse du plafond, créant la fameuse tache.
Vous n’avez donc pas une fuite d’eau venant de l’extérieur, mais une pluie intérieure créée par la condensation de votre propre air. L’ampleur de ces fuites d’air peut être stupéfiante. Les experts en thermographie infrarouge peuvent visualiser ces déperditions de chaleur et quantifier le problème.
Étude de cas : La fenêtre invisible dans le plafond
Lors d’une inspection pour un problème de barrage de glace, des experts ont utilisé la thermographie pour localiser les fuites d’air dans un plafond. Ils ont identifié de multiples points faibles : le pourtour des luminaires encastrés (« pot lights »), les évents de plomberie, le contour de la cheminée et la jonction des murs avec le plafond. L’analyse a révélé que l’ensemble de ces petites ouvertures totalisait l’équivalent d’un trou de près de 3 pieds carrés. C’était comme avoir une fenêtre de taille moyenne ouverte en permanence dans l’entretoit, laissant s’échapper chaleur et humidité 24 heures sur 24.
Ce phénomène explique pourquoi des problèmes d’humidité et de moisissure peuvent apparaître dans l’entretoit même avec une toiture en parfait état. La solution ne consiste pas à refaire la toiture, mais à sceller méticuleusement toutes les fuites d’air entre l’espace de vie et l’entretoit. Les points à inspecter en priorité sont :
- La trappe d’accès à l’entretoit, souvent très mal isolée et scellée.
- Le pourtour de tous les luminaires encastrés.
- Les boîtiers des ventilateurs de salle de bain.
- Les passages des conduits de plomberie et des fils électriques.
- Le périmètre des cheminées.
L’application de scellant acoustique, de coupe-froid ou de mousse expansive à ces endroits stratégiques est une intervention ciblée qui peut résoudre des problèmes d’humidité majeurs.
Pourquoi une mauvaise isolation fait-elle pourrir la charpente de bois prématurément ?
L’isolation de votre entretoit joue un rôle bien plus important que de simplement vous garder au chaud en hiver. Elle est un élément clé de « l’immunité » de votre maison contre l’humidité et la moisissure. Une isolation inadéquate ou mal installée est une cause directe de condensation, qui mène inévitablement au pourrissement de la structure de bois de votre toiture. Le mécanisme est directement lié aux fuites d’air que nous venons de voir. Un entretoit bien conçu doit rester froid et sec en hiver, à une température proche de celle de l’extérieur. Si de l’air chaud et humide s’y infiltre, une bonne isolation permet de garder la surface inférieure du pontage du toit froide, ce qui provoque la condensation de cette humidité.
De plus, un pare-vapeur est essentiel. Cette membrane plastique, installée du côté chaud de l’isolant, est conçue pour bloquer la migration de la vapeur d’eau vers l’entretoit. S’il est absent, mal posé ou perforé (par des travaux électriques, par exemple), son efficacité est nulle. La chaleur et l’humidité montent alors sans entrave.
Un pare-vapeur absent, mal installé ou troué au plafond provoque la migration de la chaleur vers le grenier. La condensation dans l’entretoit entraîne des moisissures et le pourrissement de la structure car le milieu reste chaud et humide.
– One Stage Génie, Guide sur les barrages de glace et greniers non ventilés
Ce milieu chaud et humide est un véritable incubateur pour les champignons lignivores (qui mangent le bois) et les moisissures. La charpente, constamment baignée dans cette humidité, commence à pourrir de l’intérieur. C’est une dégradation lente, invisible depuis la maison, qui compromet l’intégrité structurelle de votre toit. Pour contrer ce phénomène, les normes de construction au Québec sont très claires. Il est crucial d’avoir une épaisseur d’isolant suffisante pour maintenir l’entretoit froid.
Les experts recommandent d’augmenter l’isolation du grenier au niveau recommandé de R60 selon les normes québécoises, souvent atteint avec de l’isolant de fibres de cellulose soufflée. Ce niveau d’isolation, combiné à un pare-vapeur intact et une bonne ventilation de l’entretoit, garantit que la charpente reste froide et sèche, la protégeant ainsi du pourrissement prématuré. Une bonne isolation n’est donc pas une dépense, mais un investissement dans la longévité de votre maison.
À retenir
- La moisissure est un symptôme; la cause réelle est toujours une source d’humidité qu’il faut absolument trouver et réparer.
- L’eau de Javel est inefficace et contre-productive sur les matériaux poreux comme le gypse. Préférez le peroxyde d’hydrogène.
- Cacher la moisissure avec de la peinture est une erreur grave qui peut entraîner des dommages structurels majeurs et des conséquences légales de « vice caché » au Québec.
Pourquoi vos fenêtres pleurent-elles en hiver et comment arrêter ça ?
En hiver, voir de la condensation ou du givre se former à l’intérieur de vos fenêtres peut sembler normal. On appelle ça des « fenêtres qui pleurent ». Pourtant, ce phénomène est un indicateur direct et visible du niveau d’humidité à l’intérieur de votre maison. Si la condensation apparaît sur de vieilles fenêtres peu performantes par grand froid, c’est attendu. Mais si elle se forme sur des fenêtres thermos récentes et performantes, c’est un signal d’alarme : votre taux d’humidité intérieur est trop élevé. Cet excès d’humidité, qui se dépose sur la surface la plus froide (la vitre), se dépose aussi sur d’autres surfaces froides et invisibles, comme les murs extérieurs derrière vos armoires ou dans les coins mal ventilés, créant des conditions idéales pour la moisissure.
La moisissure commence à se développer lorsque le taux d’humidité relative dépasse 60%. Gérer l’humidité de l’air ambiant est donc une stratégie de prévention fondamentale. Le but est de maintenir un équilibre : un taux d’humidité entre 30% en hiver (pour éviter la condensation) et 55% en été. Un simple appareil appelé hygromètre, peu coûteux, vous permet de surveiller ce taux en temps réel.
Si vos fenêtres pleurent, c’est que votre maison ne parvient pas à évacuer l’humidité que vous produisez quotidiennement (douches, cuisine, lessive, respiration). La solution passe par une meilleure ventilation et la gestion des sources d’humidité. Si votre maison est équipée d’un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC), aussi appelé échangeur d’air, c’est le premier élément à vérifier. S’il est réglé trop bas ou si ses filtres sont encrassés, il n’accomplit pas son travail d’évacuation de l’air vicié et humide. Augmenter sa vitesse durant les périodes de grand froid est souvent la première étape. Pour le reste, il s’agit d’adopter de bonnes habitudes :
- Utiliser systématiquement la hotte de cuisine lorsque vous cuisinez, en s’assurant qu’elle évacue bien l’air à l’extérieur.
- Faire fonctionner le ventilateur de la salle de bain pendant la douche et au moins 20 minutes après.
- Limiter le séchage du linge à l’intérieur; si c’est inévitable, faites-le dans une petite pièce avec le ventilateur en marche.
- Vérifier que le tuyau de votre sécheuse est bien raccordé vers l’extérieur et n’a pas de fuites.
- Ajuster ou désactiver l’humidificateur de votre fournaise si le taux d’humidité est déjà trop élevé.
En contrôlant l’humidité à la source et en assurant une ventilation adéquate, vous asséchez l’environnement dont la moisissure a besoin pour vivre. Vous ne faites pas que nettoyer vos fenêtres, vous rendez votre maison plus saine et moins hospitalière pour les contaminants fongiques.
Votre maison vous a envoyé un signal d’alarme. Ignorer une tache de moisissure, c’est permettre à une maladie de progresser silencieusement. Vous avez maintenant les outils de diagnostic pour comprendre la gravité de la situation, déjouer les fausses solutions et identifier les véritables causes. La protection de la santé de votre famille et de l’intégrité de votre demeure passe par une action éclairée et non par le camouflage. Pour évaluer avec certitude l’ampleur de la contamination et identifier la source exacte du problème, l’étape suivante consiste à faire appel à un expert certifié en inspection et en qualité de l’air.
Questions fréquentes sur la moisissure toxique sur les murs
Quelle est la différence entre la condensation sur de vieilles fenêtres et sur des fenêtres récentes?
La condensation sur de vieilles fenêtres par temps froid est souvent normale et indique une faible performance thermique. Cependant, si de la condensation apparaît sur des fenêtres thermos récentes et performantes, c’est un signal d’alarme majeur indiquant un taux d’humidité intérieur beaucoup trop élevé dans l’ensemble de la maison, ce qui favorise la moisissure ailleurs.
Comment savoir si mon échangeur d’air (VRC) est bien réglé?
Si vos fenêtres « pleurent » en hiver (présence de condensation importante), c’est un signe quasi certain que votre VRC n’évacue pas suffisamment d’humidité. Essayez d’augmenter sa vitesse de fonctionnement et assurez-vous que ses filtres sont propres. Un entretien régulier est crucial pour son efficacité.
À quel taux d’humidité la moisissure commence-t-elle à se développer?
La moisissure peut commencer à se développer dès que le taux d’humidité relative dépasse 55-60% et qu’elle trouve une surface froide sur laquelle condenser. Au Québec, un taux d’humidité persistant de 60% et plus est particulièrement propice à l’apparition de champignons redoutables comme la mérule pleureuse. Il est donc vital soit d’isoler les surfaces froides, soit de réduire le taux d’humidité ambiant.